La douance n’est pas une maladie

zèbre

Voilà quelques années, pour répondre à des questions personnelles et familiales, j’avais lu deux ouvrages de Jeanne Siaud-Facchin, présidente de l’Association Zebra, aux éditions Odile Jacob :
Trop intelligent pour être heureux ? L’adulte surdoué.
L’enfant surdoué. L’aider à grandir, l’aider à réussir.

Puis plus récemment, en découvrant la collection « 100 idées » de l’éditeur Tom Pousse, j’ai parcouru 100 idées pour accompagner les enfants à Haut Potentiel, qui propose des pistes pédagogiques à tous ceux qui ont besoin de clés pour ces fameux zèbres !

Sur son site http://apprendreaeduquer.fr/ Caroline vient de publier un article sur le symptôme de DYSsynchronie de l’enfant HP, une synthèse du livre Guide pratique de l’enfant surdoué : repérer et aider les enfants précoces de Jean Charles Terrassier (éditions ESF). De cette synthèse j’ai conçu une carte mentale dont je ne suis l’auteure que pour la forme, certainement pas pour le contenu :

Enfants Ados HP

 

Format PDF Enfants_Ados_HP

Si le profil adulte vous intéresse également, voici un article de Monique de Kermadec dans la revue Psychologies : « être surdoué est trop souvent associé à une pathologie ».

Il n’en reste pas moins qu’avoir un profil Haut Potentiel n’empêche pas la présence de pathologies neurologiques ou psychiques (Gilles de la Tourette) ou de troubles DYS, TDA/H. Il est nécessaire de s’adresser à des professionnels sérieux, voire des centres hospitaliers pour poser un diagnostic fidèle à la réalité de chacun.

Laetitia Ferrari

Quelle motivation développer ?

Ces dernières années, un grand pas a été franchi en pédagogie : la prise de conscience par l’ensemble des enseignants-formateurs que la MOTIVATION de l’élève-apprenant est un facteur essentiel dans les apprentissages. La motivation développe la curiosité, l’investissement personnel, le goût de l’effort, l’envie de réussir et de progresser.

motivation Laetitia Ferrari

En développement personnel, il existe deux types de motivation :

  •  la motivation intrinsèque : l’apprenant/l’élève n’est motivé que par sa satisfaction personnelle à la réussite d’un objectif. Il peut s’auto-congratuler (vade retro les concepts culpabilisants qui reprochent toute auto-satisfaction et fierté de soi). Il peut également se récompenser lui-même (1/4 d’heure de jeux vidéo, une poignée de bonbons, une BD…). Cette motivation est durable mais ne se développe vraiment qu’à partir de 12 ans.
  • la motivation extrinsèque : l’apprenant n’est motivé que par des récompenses extérieures (notes, félicitations et cadeaux de l’entourage). Cette motivation n’est que de courte durée, n’enseigne pas à l’apprenant la curiosité intellectuelle pour ce qu’elle est, l’envie de se dépasser soi-même pour soi-même et développe l’individualisme et la concurrence/compétition souvent à l’origine de moqueries ou d’égo surdimensionnés. Il n’y a qu’un pas vers la rébellion, l'(auto)sabotage, la perte de confiance en soi et le manque d’estime de soi, s’accompagnant de découragement, de lâcher-prise voire d’échec et de phobie scolaire. A savoir : les enfants jusqu’à 12 ans travaillent pour faire plaisir à leurs parents ou à leur maitre/maitresse. Là, rien d’alarmant : c’est le développement naturel du cerveau.

 

En conséquence, quelles pratiques favorisant la motivation extrinsèque à bannir ?

  • utiliser un système d’évaluation ne donnant qu’un résultat (chiffré ou non) sans prendre en compte ni les progrès ni la démarche
  • hiérarchiser les notes et les annoncer à haute voix en classe
  • faire des commentaires gratifiants ou dévalorisants à la remise des résultats (notes, bulletins…)
  • annoncer la moyenne de classe, la note la plus faible et la note la plus élevée
  • comparer (ouvertement ou pas) les élèves, les fratries et les classes
  • attribuer une note à chaque travail fourni
  • mettre en place les ilots bonifiés de Marie Rivoire (qui renforcent une concurrence malsaine) : lire cet article explicite Le « système des ilots bonifiés », de fausses bonnes solutions
  • utiliser les sites pédagogiques vantant un développement personnel enthousiaste de l’élève ou une motivation positive : classdojo, class123, pour ne citer qu’eux (et qui par ailleurs s’appuient également sur des neuromythes)
  • certains jeux-cadres proposés par le non moins talentueux Thiagi dans ses formations et ses livres : « apprendre ensemble » qui fait appel à des tournois et des remises de jetons/points pour sélectionner l’équipe gagnante.

 

Alors, que faire pour développer une motivation intrinsèque ?

  • adopter une posture bienveillante ET exigeante (l’apprenant n’est pas dupe des compliments faux qui peuvent lui être adressés)
  • développer le goût de l’effort en fixant des objectifs réalisables : le pas à pas proposé par les ceintures de compétences
  • développer l’auto-évaluation en accompagnant l’apprenant dans sa démarche réflexive
  • utiliser des supports ludiques non compétitifs (la plupart des jeux-cadres Thiagi)
  • utiliser les outils numériques pour flashcards, cartes mentales, à condition que l’utilisation du support soit d’un coût cognitif quasi nul pour l’apprenant
  • organiser les activités en équipe (collaboration et coopération) : travailler en ilots ludifiés avec attribution de rôles prédéfinis à chacun
  • inciter à l’entraide (en ilots, en binôme, en électron libre qui parcourt la classe à la demande)
  • s’appuyer sur les neurosciences cognitives : l’oubli est sain et naturel, c’est à l’apprenant et à l’enseignant-formateur de développer des stratégies contre l’oubli.
  • s’appuyer sur les Talents de chaque élève pour le valoriser : dessinateur, poète, bricoleur, chanteur…

 

Quelques interrogations

  • Encore faudrait-il s’interroger sur l’objectif de la motivation : est-elle tournée vers le dispositif ou vers le savoir lui-même ?
  • Que penser des serious games qui favorisent les apprentissages mais ne développent aucune motivation intrinsèque ?

Avec leurs pistes de lecture :

  • Apprendre avec le numérique, mythes et réalités, de Franck AMADIEU et André TRICOT
  • Intervention d’André TRICOT (un peu longue) sur « quelques légendes urbaines à propos de l’innovation pédagogique » au Printemps de la Recherche en Education 2017

 

 

 

Laetitia Ferrari

Les essentiels cycle3 : Memo grammaire

Pour clore les apprentissages de la grammaire en cycle3, j’ai créé un outil visuel, synthétique, facile à manipuler qui réunit les ESSENTIELS : le MEMO GRAMMAIRE.

memo grammaire cycle3

Pour les initiés à la pédagogie Montessori, vous retrouverez les symboles de grammaire, que j’ai, pour ma part, utilisés au cours de l’atelier dictée, séance hebdomadaire avec notamment dictée de phrase, recherche des classes grammaticales, accords et fonctions. Ce dispositif pédagogique permet la REACTIVATION régulière et expansée des notions.

Belle satisfaction pour les élèves de 6e, de constater qu’en fin de cycle3, ils ont appris tout ce qui est répertorié dans leur MEMO GRAMMAIRE.

L’idéal (?) aurait peut-être été que les élèves conçoivent ce mémo eux-mêmes. Mais je craignais plusieurs écueils :
– les erreurs
– le manque de soin
– le manque de temps

En une séance, les élèves ont découpé et colorié la photocopie A3 selon le modèle affiché au TNi. Ils ont terminé les finitions chez eux : plastifier et attacher les cercles.

Voici les supports pour reproduire les MEMO GRAMMAIRE avec vos classes :
Memo grammaire à colorier
Mémo grammaire colorié
Memo grammaire découpé

Je voulais me lancer dans le MEMO GRAMMAIRE cycle4 mais je suis un peu découragée par le nombre d’informations à trier. A moi pour le moment de définir LES ESSENTIELS pour que le futur MEMO cycle4 soit lui-même un outil efficace.

Laetitia Ferrari