Outils créatifs sans numérique

Enseignants-formateurs, nous avons tendance à oublier que la MEMORISATION est une des activités à organiser en présentiel. La mémorisation est trop souvent externalisée à la maison, sous forme de devoirs, ce qui engendre plusieurs écueils :
– l’élève manque de motivation,
– le rythme chronobiologique est surtout favorable aux apprentissages en matinée,
– l’élève qui n’a pas compris, se retrouve seul face aux difficultés,
– les parents ne sont pas toujours compétents pour accompagner leur enfant dans les apprentissages.

Pour favoriser la mémorisation, il est nécessaire de mettre en place des supports efficaces c’est-à-dire sélectionnant les essentiels et privilégiant l’implication active. Les outils numériques se montrent performant en ce domaine mais il ne faut pas pour autant oublier qu’il en existe d’autres : les outils créatifs.

OUTILS CREATIFS en sciences cognitives

OUTILS_CREATIFS_en_sciences_cognitives

Perdre du temps en classe, c’est en gagner par la suite : les outils créés sont attractifs et consultables de façon expansée sans lassitude. Ces outils peuvent faire l’objet de séances d’Accompagnement Personnalisé afin d’en donner les clés aux élèves pour qu’ils les utilisent chez eux en toute autonomie.

ATTENTION : La fabrication d’outils interactifs par l’élève n’a d’intérêt que si sa conception demande un investissement cognitif quasi nul par rapport à la charge cognitive exigée pour l’apprentissage de la notion.
Dans certains cas, il vaut mieux que l’enseignant fournisse le support conceptuel parce qu’il est expert en le domaine. L’approche conceptuelle n’est à utiliser que pour des synthèses de notions apprises et assimilées. C’est un outil de réactivation. Sinon on retombe dans une approche pédagogique réservée aux bons élèves.

 

La carte mentale

Découvrir la carte mentale

Approfondir la technique 

 

Les nuages de mots

Le nuage de mots est un outil très connu surtout sous sa forme TICE. Je l’utilise en classe au tableau et les élèves dans leur cahier pour réunir les 10 mots-clés d’un texte par exemple. Nous n’utilisons pas de logiciel, nous notons en vrac de couleurs différentes chaque mot nous paraissant essentiel à retenir. Et hop un tracé de nuage tout autour et c’est fini !

Ici un exemple de nuage de mots sur un extrait du Coran en classe de 6e (écrit sur le TNi)
arbreCoran6e3

 

 

Le sketchnote ou croquinote

Le sketchnote utilise les 3 canaux auditif (filtrage de l’info), visuel (représentation de concepts sous forme de dessins) et kinestésique (être en action) et permet d’éviter les prises de notes longues et fastidieuses à relire. Il utilise des représentations et des liens personnels à chacun. En conséquence, il est parfois difficile de comprendre le sketchnote d’un autre. Le sketchnote reste une prise de note graphique personnelle. Si la prise de note est tournée vers un public,  il s’agit de scribing ou de facilitation graphique, c’est cette voie-là qu’emprunte l’enseignant pour conceptualiser. Ne pas laisser l’élève livré à lui-même dans une multi-tâche : comprendre la notion, l’assimiler et la représenter graphiquement de façon synthétique en un même temps. On ne peut mener à bien et en simultané de telles tâches que si l’on maitrise la compétence, si l’on est expert.

Voici un exemple de sketchnote que j’ai dessiné en formation
MasterClass Thiagi 2017 (3)

 

  • Suivez #UnPictoUnJour sur Twitter par @Marc_DUGUE
  • La folie du sketchnote par Marie-Andrée Ouimet @maotechno
  • Petite bibliographie :
    • Initiation au sketchnote de Mike ROHDE, Eyrolles (incontournable !)
    • Travailler avec le sketchnoting de Philippe BOUKOBZA et Audrey AKOUN, Eyrolles
    • Apprendre avec le sketchnoting de Philippe BOUKOBZA et Isabelle PAILLEAU, Eyrolles

 

Le flipbook

Le flipbook, appelé aussi le folioscope, est un petit carnet que l’on tient d’une main et que l’on feuillette rapidement de l’autre pour faire dérouler des images qui deviennent ainsi animées.

Un exemple ici qui pourrait être utilisé sur le thème des Monstres, des Métamorphoses en cours de français

 

Le lapbook

Le lapbook est un livret décoré et personnalisé qui fait la synthèse d’un chapitre sur une feuille A3 pliée en triptyque. Il combine carte mentale, notebook, flashcards en un espace défini : il ne peut donc contenir que les ESSENTIELS du cours. Les ESSENTIELS du cours sont pré-définis par l’enseignant.

Voici une capture d’écran d’une recherche Google sur le lapbooklapbook

De nombreux sites existent pour accompagner à la conception d’un lapbook :
Le petit coin de partage de Romy
Charivari à l’école
Apprendre à éduquer
et bien d’autres encore…

 

Le flapbook

C’est une amélioration du lapbook dans une pochette cartonnée à élastiques, avec plus de surfaces à utiliser et l’avantage de refermer le tout (quand les découpages ne sont pas terminés ou pour le protéger dans le cartable).

Une belle démonstration proposée sur le site Five o’clock Teacher :

flapbook.jpg
les flapbooks d’une professeure d’anglais

Voici le flapbook que je suis en train de préparer pour mes élèves de 6e sur les ESSENTIELS en langue #cycle3.

Rien que ce travail d’organisation des ESSENTIELS m’a pris 4 heures. Il parait donc inimaginable que les élèves conçoivent ce flapbook. En revanche je vais soigneusement préparer chaque template et chaque mini flap qu’ils pourront insérer et coller dans leur pochette au fur à mesure des révisions et apprentissages de la langue cycle3. Ce support leur permettra de s’interroger sur les ESSENTIELS des cours de façon expansée.
Bientôt je vous montrerai l’exemplaire de référence terminé. Un peu de patience 😉

 

Le notebook

Le notebook est l’insertion dans le cahier de l’élève de modules en papier dépliables pour rendre les apprentissages plus ludiques.
Je vous renvoie directement au site TryThisTeaching – Interactive Notebook

Voici un extrait de cahier d’élève proposé par le site notebook

 

Les flashcards

Ce sont des minicartes découpées dans une feuille A4, utilisées recto-verso pour faciliter la mémorisation du lexique ou des définitions (question/réponse, français/anglais, dessin/mot…). On peut y ajouter des couleurs, des dessins, y coller des images etc. Elles se glissent facilement dans une enveloppe, dans une petite boite ou dans une petit pochette. La manipulation des cartes a un coût cognitif négligeable.

Bruno Hourst a écrit un fascicule sur l’utilisation des flashcards : Jeux pour cartes flash (uniquement sur Amazon et sur son site). Vous retrouvez également cette méthode sur son site Mieux-Apprendre > cartes flash.

 

Les constructions en 3D

Elles favorisent la représentation spatiale. Un bel exemple tiré du site Echosciences Académie de Grenoble :

cerveau 3D

BRAIN_HAT-BAT-HD

Les constructions en 3D sont parfaitement adaptées à la géométrie mais peuvent prendre forme dans d’autres disciplines sous forme de maquettes par exemple. La manipulation reste le canal d’excellence quand il s’agit d’apprendre un geste. Elle reste secondaire et surtout intellectualisée pour tout autre objectif.

 

Belle créativité à tous !

Laetitia Ferrari

Atelier « conférence »

L’Atelier conférence associe le questionnement, la synthèse et la dynamique des 10 mn.

  1. En début de séquence, je mets en place une phase de questionnement. Les élèves réfléchissent aux questions qu’ils pourraient se poser sur le thème que nous allons aborder, les écrivent d’abord sur leur cahier, puis, à tour de rôle, en choisissent une qu’ils vont noter sur le panneau affiché sur le mur de la classe. Aucune question ne doit apparaître deux fois : à eux de puiser dans leur liste de questions ou à en trouver d’autres pour compléter le panneau. Il est nécessaire de rappeler qu’une phrase interrogative commence par une majuscule et se termine par un ? Ici un exemple d’affichage en cours d’écriture (le correcteur d’orthographe n’était pas encore passé !)

questionnement

2. En fin de séquence, en guise de bilan des acquis, j’organise une séance dédiée aux réponses à ce questionnement, en appliquant la règle des 10 mn :
Matériel :
– micro factice ( (j’ai recyclé un vieux micro MonsterHigh qui appartenait à une de mes filles)
– timer
– cahier d’élèves
– panneau de lancement de séquence

Organisation :
5-7mn (tout dépend du niveau de la classe, cycle 3, cycle 4, lycée…) d’échanges oraux sans prise de note.
– 2-3 mn de restitution individuelle à l’écrit sous forme libre : texte, schéma, nuage de mots…
– Plusieurs élèves nommés « animateur » garants du micro pour la partie orale se succèdent (alternance fille/garçon pour la parité, ils y tiennent !) toutes les 10 mn.

Déroulé :
1) Je choisis un animateur et lui confie le micro.
2) Je lance le timer pour 7 mn.
3) Je choisis une question sur le panneau et la lis à haute voix.
4) L’animateur donne le micro à tour de rôle aux élèves qui souhaitent apporter réponse. L’élève doit s’appuyer sur les connaissances apprises en classe ou sur les siennes. Les informations ne peuvent pas être répétées mais elles peuvent être complétées ou corrigées, voire contredites  si argumentées.
5) Quand les réponses à la question sont épuisées, je passe à une autre question du panneau, ainsi de suite jusqu’à ce que le timer indique la fin des 7 mn.
6) Je lance le timer pour 3 mn. Pendant ce temps imparti, tous les élèves, même l’animateur, reformulent avec leurs propres mots ce qu’ils ont entendu, sous la forme qui leur convient le mieux : texte, schéma, nuage de mots, dessins, sketchnote… Ils peuvent me demander de répéter les questions traitées.
7) Au bout des 3 mn, je choisis un nouvel animateur et on repart pour un tour jusqu’à la fin du cours. Certaines questions resteront en suspens, volontairement : on ne peut pas répondre à tout.
8) Parfois, en fin de séance, je consacre 10 mn à la relecture collaborative : par groupe, les élèves s’échangent leur cahier et complètent les informations manquantes.

Visée pédagogique/éducative :
– Réactiver ses connaissances.
– Gérer sa frustration : toutes les questions ne sont pas traitées et c’est le micro qui donne le droit de parole.
– Focaliser son attention oralement en un temps donné qui convient aux élèves atteints de TDA/H.
– Restituer a posterio ce qui a été entendu.
– S’initier à  la prise de note.
– Choisir la forme de sa trace écrite : texte, schéma… adapté aux DYS.
– Jouer le rôle d’animateur impartial en distribuant la parole à tous de façon équitable, sans pouvoir prendre soi-même la parole. (adapté au TDA/H)
– Travailler en collaboration.

Retrouvez également la règle des 10 mn en formation :
La règle des 10 mn
Les jeux-conférence de Thiagi

Laetitia Ferrari