Atelier « conférence »

L’Atelier conférence associe le questionnement, la synthèse et la dynamique des 10 mn.

  1. En début de séquence, je mets en place une phase de questionnement. Les élèves réfléchissent aux questions qu’ils pourraient se poser sur le thème que nous allons aborder, les écrivent d’abord sur leur cahier, puis, à tour de rôle, en choisissent une qu’ils vont noter sur le panneau affiché sur le mur de la classe. Aucune question ne doit apparaître deux fois : à eux de puiser dans leur liste de questions ou à en trouver d’autres pour compléter le panneau. Il est nécessaire de rappeler qu’une phrase interrogative commence par une majuscule et se termine par un ? Ici un exemple d’affichage en cours d’écriture (le correcteur d’orthographe n’était pas encore passé !)

questionnement

2. En fin de séquence, en guise de bilan des acquis, j’organise une séance dédiée aux réponses à ce questionnement, en appliquant la règle des 10 mn :
Matériel :
– micro factice ( (j’ai recyclé un vieux micro MonsterHigh qui appartenait à une de mes filles)
– timer
– cahier d’élèves
– panneau de lancement de séquence

Organisation :
5-7mn (tout dépend du niveau de la classe, cycle 3, cycle 4, lycée…) d’échanges oraux sans prise de note.
– 2-3 mn de restitution individuelle à l’écrit sous forme libre : texte, schéma, nuage de mots…
– Plusieurs élèves nommés « animateur » garants du micro pour la partie orale se succèdent (alternance fille/garçon pour la parité, ils y tiennent !) toutes les 10 mn.

Déroulé :
1) Je choisis un animateur et lui confie le micro.
2) Je lance le timer pour 7 mn.
3) Je choisis une question sur le panneau et la lis à haute voix.
4) L’animateur donne le micro à tour de rôle aux élèves qui souhaitent apporter réponse. L’élève doit s’appuyer sur les connaissances apprises en classe ou sur les siennes. Les informations ne peuvent pas être répétées mais elles peuvent être complétées ou corrigées, voire contredites  si argumentées.
5) Quand les réponses à la question sont épuisées, je passe à une autre question du panneau, ainsi de suite jusqu’à ce que le timer indique la fin des 7 mn.
6) Je lance le timer pour 3 mn. Pendant ce temps imparti, tous les élèves, même l’animateur, reformulent avec leurs propres mots ce qu’ils ont entendu, sous la forme qui leur convient le mieux : texte, schéma, nuage de mots, dessins, sketchnote… Ils peuvent me demander de répéter les questions traitées.
7) Au bout des 3 mn, je choisis un nouvel animateur et on repart pour un tour jusqu’à la fin du cours. Certaines questions resteront en suspens, volontairement : on ne peut pas répondre à tout.
8) Parfois, en fin de séance, je consacre 10 mn à la relecture collaborative : par groupe, les élèves s’échangent leur cahier et complètent les informations manquantes.

Visée pédagogique/éducative :
– Réactiver ses connaissances.
– Gérer sa frustration : toutes les questions ne sont pas traitées et c’est le micro qui donne le droit de parole.
– Focaliser son attention oralement en un temps donné qui convient aux élèves atteints de TDA/H.
– Restituer a posterio ce qui a été entendu.
– S’initier à  la prise de note.
– Choisir la forme de sa trace écrite : texte, schéma… adapté aux DYS.
– Jouer le rôle d’animateur impartial en distribuant la parole à tous de façon équitable, sans pouvoir prendre soi-même la parole. (adapté au TDA/H)
– Travailler en collaboration.

Retrouvez également la règle des 10 mn en formation :
La règle des 10 mn
Les jeux-conférence de Thiagi

Laetitia Ferrari

 

 

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Quelle motivation développer ?

Ces dernières années, un grand pas a été franchi en pédagogie : la prise de conscience par l’ensemble des enseignants-formateurs que la MOTIVATION de l’élève-apprenant est un facteur essentiel dans les apprentissages. La motivation développe la curiosité, l’investissement personnel, le goût de l’effort, l’envie de réussir et de progresser.

motivation Laetitia Ferrari

En développement personnel, il existe deux types de motivation :

  •  la motivation intrinsèque : l’apprenant/l’élève n’est motivé que par sa satisfaction personnelle à la réussite d’un objectif. Il peut s’auto-congratuler (vade retro les concepts culpabilisants qui reprochent toute auto-satisfaction et fierté de soi). Il peut également se récompenser lui-même (1/4 d’heure de jeux vidéo, une poignée de bonbons, une BD…). Cette motivation est durable mais ne se développe vraiment qu’à partir de 12 ans.
  • la motivation extrinsèque : l’apprenant n’est motivé que par des récompenses extérieures (notes, félicitations et cadeaux de l’entourage). Cette motivation n’est que de courte durée, n’enseigne pas à l’apprenant la curiosité intellectuelle pour ce qu’elle est, l’envie de se dépasser soi-même pour soi-même et développe l’individualisme et la concurrence/compétition souvent à l’origine de moqueries ou d’égo surdimensionnés. Il n’y a qu’un pas vers la rébellion, l'(auto)sabotage, la perte de confiance en soi et le manque d’estime de soi, s’accompagnant de découragement, de lâcher-prise voire d’échec et de phobie scolaire. A savoir : les enfants jusqu’à 12 ans travaillent pour faire plaisir à leurs parents ou à leur maitre/maitresse. Là, rien d’alarmant : c’est le développement naturel du cerveau.

 

En conséquence, quelles pratiques favorisant la motivation extrinsèque à bannir ?

  • utiliser un système d’évaluation ne donnant qu’un résultat (chiffré ou non) sans prendre en compte ni les progrès ni la démarche
  • hiérarchiser les notes et les annoncer à haute voix en classe
  • faire des commentaires gratifiants ou dévalorisants à la remise des résultats (notes, bulletins…)
  • annoncer la moyenne de classe, la note la plus faible et la note la plus élevée
  • comparer (ouvertement ou pas) les élèves, les fratries et les classes
  • attribuer une note à chaque travail fourni
  • mettre en place les ilots bonifiés de Marie Rivoire (qui renforcent une concurrence malsaine) : lire cet article explicite Le « système des ilots bonifiés », de fausses bonnes solutions
  • utiliser les sites pédagogiques vantant un développement personnel enthousiaste de l’élève ou une motivation positive : classdojo, class123, pour ne citer qu’eux (et qui par ailleurs s’appuient également sur des neuromythes)
  • certains jeux-cadres proposés par le non moins talentueux Thiagi dans ses formations et ses livres : « apprendre ensemble » qui fait appel à des tournois et des remises de jetons/points pour sélectionner l’équipe gagnante.

 

Alors, que faire pour développer une motivation intrinsèque ?

  • adopter une posture bienveillante ET exigeante (l’apprenant n’est pas dupe des compliments faux qui peuvent lui être adressés)
  • développer le goût de l’effort en fixant des objectifs réalisables : le pas à pas proposé par les ceintures de compétences
  • développer l’auto-évaluation en accompagnant l’apprenant dans sa démarche réflexive
  • utiliser des supports ludiques non compétitifs (la plupart des jeux-cadres Thiagi)
  • utiliser les outils numériques pour flashcards, cartes mentales, à condition que l’utilisation du support soit d’un coût cognitif quasi nul pour l’apprenant
  • organiser les activités en équipe (collaboration et coopération) : travailler en ilots ludifiés avec attribution de rôles prédéfinis à chacun
  • inciter à l’entraide (en ilots, en binôme, en électron libre qui parcourt la classe à la demande)
  • s’appuyer sur les neurosciences cognitives : l’oubli est sain et naturel, c’est à l’apprenant et à l’enseignant-formateur de développer des stratégies contre l’oubli.
  • s’appuyer sur les Talents de chaque élève pour le valoriser : dessinateur, poète, bricoleur, chanteur…

 

Quelques interrogations

  • Encore faudrait-il s’interroger sur l’objectif de la motivation : est-elle tournée vers le dispositif ou vers le savoir lui-même ?
  • Que penser des serious games qui favorisent les apprentissages mais ne développent aucune motivation intrinsèque ?

Avec leurs pistes de lecture :

  • Apprendre avec le numérique, mythes et réalités, de Franck AMADIEU et André TRICOT
  • Intervention d’André TRICOT (un peu longue) sur « quelques légendes urbaines à propos de l’innovation pédagogique » au Printemps de la Recherche en Education 2017

 

 

 

Laetitia Ferrari

Tableau de compétences disciplinaires en français

Pour que les élèves, leurs parents, moi-même, voire leur professeur principal, puissions avoir un regard (réflexif) sur les compétences disciplinaires travaillées évaluées et leur degré d’acquisition, j’ai créé un tableau pour chaque cycle. Cette année j’enseigne en 6e et 5e.

tableau-competences-cycle3-6etableau-competences-cycle4-5e

Documents en PDF :

tableau-competences-cycle3-francais

tableau-competences-cycle4-francais

Documents modifiables avec Word Office :

tableau-competences-cycle3-francais

tableau-competences-cycle4-francais

 

Comment remplir le tableau ?

Ce tableau est distribué en début d’année et conservé dans le rabat du protège-cahier ou toute autre astuce permettant de le manipuler et de le protéger. Ce tableau de compétences est renseigné par les élèves pour développer leur autonomie. Pour le moment aucun n’a eu la fâcheuse idée de ne pas reporter le bon niveau d’acquisition.

renseigner-tableau-competences

Pour chaque case, l’élève renseigne la date de l’évaluation et la couleur correspondant au niveau atteint :
niveau 1 – compétence non maitrisée (-)
niveau 2 – compétence fragile (-+)
niveau 3 – compétence globalement maitrisée (+)
niveau 4 – compétence très bien maitrisée, voire dépassée (++)

Je renseigne moi-même sur leur travail le niveau atteint par un rond ou une étoile, dont ils reportent la couleur au crayon de couleur dans le tableau, en y indiquant la date au stylo noir. Toutes les activités ne sont pas concernées : seules les taches complexes sont évaluées (par une note ou non) et y sont répertoriées.
La dernière colonne ACQUIS se valide par une date dès que la compétence est maitrisée (début, milieu ou fin d’année).
Attention ! En 5e, il s’agit du NIVEAU d’acquisition attendu en 5e et non celui attendu fin 3e.

Le système de couleurs hiérarchisé peut être controversé. Personnellement je le trouve « parlant » et c’est ce qui compte pour faciliter la communication entre tous. De mon côté, sur Excel, je suis en train de créer un tableau que je renseignerai par les chiffres 1 à 4. Une usine à gaz, consultable par classe, par élève, par devoirs… Préparation chronophage avec un collègue professeur de Sciences Physiques mais très pratique ensuite à l’usage.

tableau-excel-competences

Des améliorations prévues ?

  • Numéroter les compétences dans le tableau à usage des élèves pour qu’ils puissent reporter plus facilement le résultat de l’évaluation.
  • Quid des compétences transversales ?

Laetitia Ferrari